Témoignages vie privée / vie pro

Lundi 2 novembre 2009

En aparté poursuit sa série de témoignages autour de la thématique conciliation vie privée / vie professionnelle avec Vinciane. Merci à elle d'avoir accepté de jouer le jeu avec sincérité et humour !

Pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Vinciane Born, j’ai 35 ans et toutes mes dents. Je suis la maman presqu’épanouie de Fifi 8 ans et Fifille 3 ans. J’ai un mari dans mon lit, un master en biologie dans le grenier et un blog sur le web. Accessoirement, je suis la malheureuse propriétaire d’un fer à repasser et d’une machine à laver. Je viens de publier mon premier roman pour enfants. Il répond au doux nom d’ « Oufti et le roi de Houtsiplou ».


Jusqu’à présent comment as-tu concilié vie privée / vie professionnelle ? Que trouves-tu le plus difficile à cela ?

C’est un vrai casse tête. Ne pouvant ni compter sur ma famille, ni sur mon mari souvent parti pour son boulot, je chéris les gardiennes et rampe aux pieds de mes voisines. Il m’arrive d’avoir une main qui touille dans la casserole, l’autre qui pianote sur le PC, une hanche qui supporte Fifille et les lèvres qui dictent les devoirs à Fifi !

Plus sérieusement, lorsque je travaillais à l’extérieur, j’avais opté pour un 4/5. J’essaye aujourd’hui de me créer un emploi qui me permette de rester, en grande partie, à la maison. Mais ce n’est pas forcément plus confortable. Je travaille souvent tard le soir pour compenser les heures où les enfants sont là.


Tu as vécu récemment une expatriation de 2 ans et demi à Lisbonne et tu es actuellement à la recherche d’un emploi. Est-ce que cette expérience a modifié tes priorités par rapport à la conciliation vie privée / vie professionnelle ?
Lorsque nous sommes partis, ma fille avait 9 mois et mon fils 5 ans. J’ai quitté mon emploi pour suivre mon mari et me sentais, en quelque sorte, soulagée de pouvoir enfin consacrer à mes petits tout le temps qu’ils méritaient. Mais, j’ai vite déchanté. Je tournais en rond, insatisfaite par la monotonie et l’ingratitude de la vie de femme au foyer. J’ai alors décidé de prendre mes projets d’écriture à bras le corps. J’espère qu’ils me mèneront au rêve de toute femme : l’épanouissement professionnel et familial.


Quels sont tes trucs pour mieux t’organiser ? Quels sont les petits « luxes » que tu t’offres rien que pour toi ?

Difficile de répondre à cette question…Les lecteurs de Pause Chocolat le savent, je ne suis pas un exemple en la matière ! L’organisation ménagère et moi, ça fait 4 ! Pourtant, je jure que j’essaye de m’améliorer.
Côté « luxes »…Si je m’appelle Miss Chocolat, ce n’est pas pour rien ! Les morceaux de chocolat noir 70% sont les seuls plaisirs que je ne partage avec personne ! J’ai aussi un petit faible pour les bains à l’huile de lavande et bougies en plein temps de midi…


Tu viens d’écrire un très joli conte pour enfants. Peux-tu nous en dire un peu plus sur la genèse de ce projet et les raisons qui t’ont poussée à l’écrire ?

Comme je le disais plus haut, l’expatriation à Lisbonne a été l’élément déclencheur. Je rêvais depuis longtemps de raconter toutes les histoires qui me trottent dans la tête. J’avais envie de faire découvrir à mes enfants certaines réalités du monde et de notre société, avec optimisme, humour et légèreté. « Oufti et le roi de Houtsiplou » sont nés et, grâce à Alice Editions, ils ont quitté ma maison.   

Tu vis en Belgique. Perçois-tu des différences entre la France et la Belgique concernant le travail des femmes, les aides publiques mises en place pour favoriser la conciliation vie privée / vie professionnelle ?
Je ne connais pas bien le système français, ni le belge d’ailleurs…Ce n’est pas toujours évident d’avoir les bons renseignements. En Belgique, j’ai pu bénéficier d’un congé parental partiellement rémunéré pour 1/5 de mon temps. Mais cela sur une très courte période, quand les enfants étaient bébés. Pour continuer ce régime de travail à plus long terme, il me fallait trouver des accords avec mon employeur.
Aujourd’hui, je suis jalouse de votre système d’auto-entrepreneur qui me semble être une réelle opportunité de créer son emploi. Je pense qu’il y a encore beaucoup à faire dans nos systèmes respectifs pour aider les mamans.

Par Gaëlle
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Mercredi 30 septembre 2009

En aparté poursuit sa série de témoignages, d'hommes ou de femmes, sur la thématique conciliation vie privée / vie professionnelle. Aujourd'hui, c'est au tour de Maud, chirurgien pédiatre, 40 ans, mariée, 2 enfants de nous dire comment elle vit cette question au quotidien. Merci à elle !

Quel est ton parcours professionnel ?

Après un Bac D, je me suis orientée vers des études de médecine. J’avais des antécédents familiaux puisque mes deux grands-parents maternels l’étaient ! J’ai effectué en tout 12 ans d’études (6 années avant l’internat, 5 d’internat + 1 de recherche). J’ai fait un clinicat qui est une sorte de sur-spécialisation dans un service pendant 4 ans.

Actuellement, je suis à mi-temps au centre hospitalier d’Aulnay sur Bois et à mi-temps à l’hôpital Trousseau à Paris. Mais d’ici 2 mois, je vais changer car les 2 heures de transport le soir pour rentrer d’Aulnay sous Bois commencent à me peser. J’exercerai en libéral dans une clinique à Antony.


Comment as-tu concilié ta vie professionnelle et ta vie personnelle jusqu’à présent ? Dirais-tu que tu es satisfaite de l’équilibre que tu as mis en place ?

J’ai eu mon premier enfant, il y a 4 ans durant mon clinicat. Il n’était alors pas question de lever le pied ! Par exemple, je n’ai pas effectué la totalité de mon congé maternité mais je n’ai aucun regret ou ressenti négatif par rapport à cela. Mon deuxième enfant a un peu plus d’un an. Aujourd’hui, j’ai envie de prendre un peu plus de temps pour ma famille.

Bien sûr, ce n’est pas facile tous les jours. Mais nous avons tout de suite fait le choix d’une nounou à la maison afin que sur le plan organisationnel, cela soit confortable. Cela enlève une grande partie du stress.

Au quotidien, je me sens parfois frustrée de ne pas en faire plus tant au niveau professionnel que familial. Mais je suis contente de ce que je fais. J’aime mon métier et j’ai l’impression de profiter aussi de mes enfants, de pouvoir partir en vacances avec eux, etc.

 

Quelles sont les principales satisfactions/fiertés que tu retires de ton métier ?

Savoir que l’on est pour quelque chose dans la guérison et/ou le soulagement d’un enfant est très gratifiant. La partie intellectuelle (quelle est la meilleur prise en charge pour tel enfant, comment peut-on améliorer le traitement de telle maladie, comment améliorer notre prise en charge de la douleur ou de telle ou telle complication…) est aussi stimulante. La relation avec les enfant et les parents est souvant enrichissante. Enfin,  pour être sincère, je suis fière de faire le métier que je fais…

 

Comment faire pour que le fort engagement réclamé par les métiers de la santé (médecins, infirmière) soit compatible avec une vie familiale ?

La chose la plus importante, je crois est que les gens soient heureux de faire le métier qu’ils font. Cela permet de mieux vivre les contradictions quotidiennes entre le temps passé au travail et l’envie de passer du temps avec sa famille. Sinon, il faut probablement proposer plus de contrat à temps partiel… y compris pour les médecins ! C’est plus facile de ne pas venir une journée par semaine que de partir plus tôt le soir !

 

Te fixes-tu des limites ?

J’essaie, depuis la rentrée, d’emmener ou d’aller chercher mon fils à l’école une fois par semaine…sinon, j’essaie d’être à la maison à 19h pour relever la nounou en moyenne un jour sur 2. Je ne prends pas plus de 4 gardes par mois.

 

Estimes-tu que des progrès soient faits dans l’organisation des hôpitaux pour une meilleure conciliation vie privée / vie professionnelle ou au contraire, que la situation actuelle de l’AP-HP rende les choses de plus en plus difficile ?

C’est plutôt de pire en pire : pour le personnel paramédical, les horaires sont de plus en plus souvent variables (un jour de matin, le lendemain d’après-midi…). Pour les médecins, cela dépend : s’ils sont PH (praticiens hospitaliers) et qu’ils prennent les jours de RTT et leurs récupérations de garde, c’est plutôt mieux qu’avant ; pour les autres… c’est comme avant avec en plus la pression de l’administration qui demande de prendre en charge toujours plus de malades avec toujours moins de moyens…


Est-ce un sujet (celui de la conciliation vie privée / vie pro) que vous abordez régulièrement en couple ?

Oui, nous en parlons régulièrement. Mon mari travaille également beaucoup mais il est plus près de la maison et peut parfois travailler à domicile. Cela se passe plutôt bien comme cela. Parfois il trouve cela lourd mais il n’exprime pas non plus de grande insatisfaction !

 

As-tu le temps de t’offrir quelques moments rien que pour toi ?
Rarement mais cela m’arrive ! Mon luxe est de m’offrir de temps en temps une journée rien que pour moi pour aller voir une exposition par exemple.

 

En tant que femme active, à quoi es-tu particulièrement sensible et vigilante concernant l’éducation et l’équilibre de tes enfants ?

A la qualité du temps passé ensemble : j’essaie de leur consacrer vraiment du temps quand je suis avec eux, à jouer, lire des livres, inventer des histoires…

J’essaie de leur faire découvrir un maximum de choses : la peinture, la musique, les livres, les ballades en forêt…mais sans en faire trop pour ne pas les « suractiver »

Le respect de l’autre me parait une des notions les plus importante à transmettre. … Au quotidien, ce n’est pas toujours aussi simple ! 



PS : si certaines personnes souhaitent témoigner à leur tour, qu'elles n'hésitent pas à m'envoyer un petit mail via "contact".  


Billets en rapport

Les témoignages vie privée / vie professionnelle

Par Gaëlle
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Mercredi 24 juin 2009

En aparté essaye de montrer comment les femmes et les hommes concilient aujourd'hui leur vie personnelle et professionnelle et la façon dont ils vivent et ressentent cet équilibre. Même si le sujet, a priori, concerne prioritairement les femmes, les hommes se sentent également de plus en plus concernés ! Voici le témoignage de Fabrice, 36 ans, 1 enfant, responsable éditorial. Merci à lui !

Une petite fiche d'identité pour commencer ?

Fabrice : J'ai été journaliste pour la presse écrite pendant une dizaine d'années. Actuellement, je suis responsable éditorial pour un site internet. J'ai 36 ans, marié depuis 5 ans et une petite fille de 2 ans et demi. Nous habitons en Bretagne.

 

Concernant votre équilivre vie privée / vie professionnelle actuelle, le jugez-vous satisfaisant ou insatisfaisant ?

Fabrice : Plutôt satisfaisant. Je m'estime privilégié car j'ai très peu de temps de transport et des horaires plutôt fixes, ce qui me permet de faire mes 2 journées (professionnelle et privée) sans trop de soucis.

 

Vous est-il arrivé dans votre parcours de faire des concessions en faveur soit de votre vie personnelle, soit de votre vie professionnelle ? Si oui, les regrettez-vous ?

Fabrice : Il m'est arrivé précédemment de faire des concessions en faveur de ma vie professionnelle. Lorsque j'étais journaliste, je travaillais beaucoup en horaires décalés (WE, soir, jour férié). Cela comportait des avantages (possibilité de faire ses courses ou de s'occuper des démarches administratives pendant des créneaux horaires où il n'y avait pas trop de monde) mais cela rendait ma vie personnelle et sociale difficile. Je ne le regrette pas car, à l'époque, je n'avais pas encore d'enfant. Mais je pense que cela aurait été dur à tenir sur la durée.

Ma motivation première pour choisir mon poste actuel n'a pas été la conciliation vie privée / vie professionnelle même si un meilleur équilibre était important. C’était surtout un choix de qualité de vie avec un retour en Bretagne que nous avions programmé. Avec l'arrivée d'un enfant, j'estime que l'on ne peut plus se permettre de tout consacrer à la vie professionnelle car élever un enfant, c'est du travail aussi ! Pour autant, je n'ai pas l'impression de me freiner professionnellement. Cela se passe bien et j'ai la chance de pouvoir ponctuellement travailler de chez moi, si besoin est.

 

Avez-vous l'impression que votre femme ressente de la même façon que vous l'équilibre vie privée / vie professionnelle ? Est-ce un sujet que vous évoquez parfois ensemble ? Si oui, quels sont les sujets de discussion, les points d'accord, voire de désaccords ?

Fabrice : Ma femme est free lance, ce qui permet un bon équilibre. Ayant moins de contraintes horaires, elle s'occupe de plus de choses par rapport à notre fille : aller la chercher à la crèche en fin d'après-midi ou l'emmener chez le médecin. Je pense que nous avons atteint une complémentarité de travail qui nous satisfait tous les deux.

J'essaye également de m'adapter lorsque son travail l'amène parfois à travailler le soir ou le WE et de prendre le relais par rapport à notre fille. Par exemple, l'année prochaine, lorsque celle-ci sera scolarisée, je poserai une fois par mois un jour de RTT le mercredi pour m'occuper d'elle.

Bien sûr, nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout et il arrive que le travail empiète sur notre vie personnelle. Il y a plus de perméabilité entre sphère privée et sphère professionnelle mais c'est une tendance actuelle.

 

Selon vous, quelles mesures "raisonnables" à la fois pour l'entreprise et le salarié peuvent être mises en place pour faciliter cette conciliation ?

Fabrice : En tant que salarié, j'aimerais bien avoir plus de RTT même si je sais que ce n'est pas possible ! Plus globalement, je pense que plus de souplesse et de flexibilité dans les horaires et dans les façons de travailler permettraient un meilleur équilibre. Cela passe notamment par le développement du télétravail, une journée par semaine par exemple. De plus, cela pourrait changer la relation au travail. Et concernant la gestion du stress et des transports, tout le monde aurait à y gagner !

 

On entend souvent qu'un préalable à une meilleure parité/égalité professionnelle passe par une plus grande implication des hommes dans les tâches domestiques et familiales encore majoritairement assumées par les femmes, sincèrement, vous en pensez quoi ? Vous pensez que les hommes y sont prêts ou pas ? Et les femmes ?

Fabrice : J'estime effectivement qu'il faut un équilibre des rôles, même si c'est parfois difficile à trouver. Par exemple, concernant les tâches ménagères, je pense que les hommes et les femmes n'ont pas les mêmes critères d'exigence (ou alors peut-être ne sommes-nous pas aussi efficaces ?!).

Mais je constate cependant un certain ré-équilibrage de la part des hommes de ma génération. Cette évolution constitue un progrès pour tout le monde (les hommes, les femmes et les enfants).

Les hommes doivent participer à l'éducation des enfants, être présents aux moments importants... et il y en a tant ! Le travail ne doit pas être une excuse pour fuir cette responsabilité. Mais je suis également conscient qu'après deux heures de transport, la fatigue physique et psychique fait que l'on n'a pas forcément l'énergie pour se consacrer à ses enfants.

 

Un dernier mot ?

Fabrice : Je pense que l'équilibre vie privée / vie professionnelle est capital et constitue un chantier prioritaire. Il y a un modèle de société à créer, même s'il ne peut pas être étendu à tout le monde. On a des outils pour travailler mieux, plus vite et plus souplement, profitons-en ! D'autre part, les essais de certaines collectivités sur la concordance des temps vont dans le bon sens. Ce serait plus confortable pour tout le monde si on n’était pas tous en même temps sur les routes ou dans les supermarchés.

Pour lutter contre le stress au travail, il est important de garder en tête cet équilibre entre les deux aspects de notre vie. Nous ne sommes pas que des travailleurs mais aussi des êtres humains.

Travailler mieux pour vivre mieux : voici un beau défi !

Vous pouvez également retrouver le témoignage deJean-François ainsi que ceux d'autres hommes ici.
Et ceux qui souhaiteraient témoigner à leur tour sont les bienvenus !

Par Gaëlle
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Jeudi 11 juin 2009
Les hommes ont aussi la parole sur En aparté ! Certains avaient déjà répondu à mon questionnaire mais ils étaient peu nombreux, reconnaissons-le ! Aujourd'hui, voici le témoignage de Jean-François, 38 ans. D'autres sont en préparation...Ceux qui veulent témoigner sont les bienvenus !

Pouvez-vous vous présenter  ?
Jean-François : J'ai 38 ans, originaire de la région parisienne, travaillant depuis plus d’une dizaine d’années dans la communication. J’ai occupé diverses fonctions comme salarié, notamment responsable internet chez Lacoste. En juillet 2004, mon épouse est mutée à Rennes. Je crée alors
komuniko, agence conseil en communication (multimédia, édition, conseil…) et m’installe à domicile. Mon épouse me rejoint en 2007 pour élargir l’activité de komuniko (elle est traductrice/rédactrice). Nous avons deux fils (6 ans et 14 mois) et vivons au vert, en lisière de forêt de Brocéliande.

Concernant votre équilivre vie privée / vie professionnelle actuelle, le jugez-vous satisfaisant ou insatisfaisant ?
Jean-François : Cet équilibre est tout à fait satisfaisant. Avoir vécu plus de 30 ans en région parisienne donne un certain recul et permet d’apprécier la qualité de vie indéniable de cette belle région. Voir grandir ses enfants dans la nature est un contentement permanent.

Vous est-il arrivé dans votre parcours de faire des concessions en faveur soit de votre vie personnelle, soit de votre vie professionnelle ? Si oui, les regrettez-vous ?
Jean-François : Travailler en région parisienne offrait des perspectives de salaire bien plus importantes qu’en province. Je considère toutefois cela sans aucun regret, bien au contraire. Les points énoncés plus haut reflètent réellement mon état d’esprit. Le gain n’est pas financier, mais tellement plus important.

Avez-vous l'impression que votre conjointe ressente de la même façon que vous l'équilibre vie privée / vie professionnelle ? Est-ce un sujet que vous évoquez parfois ensemble ? Si oui, quels sont les sujets de discussion, les points d'accord, voire de désaccords ?
Jean-François : Notre installation en Bretagne a été longuement réfléchie. La mutation de mon épouse a représenté l’aboutissement de longues recherches. Nous sommes donc parfaitement en phase. Le fait de travailler tous deux à domicile ajoute encore à cette satisfaction. C’est évidemment sans aucun regret que nous avons laissé derrière nous les turpitudes des transports en commun parisiens ;-)
Notre situation nous permet également d’être plus présents pour nos enfants. Nos journées de travail sont d’ailleurs calées sur les horaires école/nourrice. Bien entendu, travailler à domicile implique des horaires élastiques et il nous arrive fréquemment de travailler le soir, une fois les enfants couchés, ou encore le week-end. Cela n’est pas vécu comme une contrainte puisque nous restons dans l’univers familial et, surtout, nous sommes sur la même « longueur d’onde » du fait de notre collaboration.
Mais il est important de ne pas se faire dépasser par le travail. Les horaires imposés par les enfants représentent un rempart efficace à cela. Difficile de dire ce que seraient nos journées si nous étions sans enfant…

Selon vous, quelles mesures "raisonnables" à la fois pour l'entreprise et le salarié peuvent être mises en place pour faciliter cette conciliation ?
Jean-François : On parle actuellement beaucoup de télétravail. Pour beaucoup de fonctions, cela permettrait aux salariés de concilier vie perso et pro. Les entreprises ont encore des efforts à faire pour réellement faire confiance à leurs employés (ne vais-je pas les payer à regarder la télé ?). De plus, le temps et le stress inhérents au trajet maison/bureau laissent alors place à un état d’esprit et à une activité plus productifs.

Ce que donne l’entreprise lui revient forcément : employés plus motivés, moins stressés, plus reconnus impliquent une meilleure rentabilité.

On entend souvent qu'un préalable à une meilleure parité/égalité professionnelle passe par une plus grande implication des hommes dans les tâches domestiques et familiales encore majoritairement assumées par les femmes, sincèrement, vous en pensez quoi ? Vous pensez que les hommes y sont prêts ou pas ? Et les femmes ?
Jean-François : J’hésite à passer mon clavier à mon épouse ;-) Sérieusement, le fait de travailler tous deux à domicile permet un équilibrage des tâches domestiques et familiales. Si un de nous deux doit finir un dossier, l’autre prend le relais pour s’occuper des enfants, par exemple. Je pense effectivement que les hommes (et les femmes) sont prêts à cette évolution. Changer les couches n’est plus l’apanage des mères…

Un dernier mot ?
Jean-François : D’une manière générale, s’installer à domicile demande beaucoup de rigueur. Le maître mot est « organisation ». Nombre d’indépendants, excellents techniciens dans leur domaine, ont échoué du fait d’une mauvaise gestion administrative/commerciale/financière de leur activité. Cela demande énormément de temps ; seule une organisation stricte permet de concilier activité professionnelle et vie personnelle.

Vous pouvez également retrouver Jean-François sur son
blog.

Par Gaëlle
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Jeudi 28 mai 2009
En aparté poursuit sa série de témoignages (ici, et ) sur le thème "Concilier vie personnelle et vie professionnelle" avec le portrait de Marie, 40 ans, 3 enfants, avocate associée. Un grand merci à elle pour avoir accepté le principe de cette interview et pour avoir répondu avec sincérité et franchise à toutes mes questions !

Pouvez-vous retracer votre parcours professionnel ?
Marie : Après des études de droit, j’ai commencé à exercer le métier d’avocat dans un cabinet fondé et dirigé par une femme. Après mon mariage, j’ai vite compris que mon nouveau statut de mère de famille en puissance était assez mal perçu. J'ai préféré changer pour intégrer un cabinet, cette fois-ci très masculin et que j'allais découvrir, assez vite très mysogyne !
En tant que femme, c'était loin d'être facile au bureau. Après la naissance de mon premier enfant, j'ai été contactée par l’asssocié gérant du cabinet dans lequel je suis depuis.
Dès que je suis entrée dans ce cabinet, j'ai expliqué qu'il était très important pour moi de fonder une famille et que j'envisageais d'avoir un second enfant rapidement. Cela a été très bien accepté.
Après la naissance de mon deuxième enfant, j'ai toutefois ressenti une grosse fatigue. Je travaillais beaucoup et j'ai eu de grands moments de doute. Est-ce que je devais arrêter de travailler, changer de métier ? Nous nous sommes posés beaucoup de questions, mon mari et moi. J’ai fait part au dirigeant du cabinet que je ne pouvais pas tout concilier et lui ai demandé de ne plus travailler le mercredi. J'allais peut-être aller moins vite que les autres, avec une moindre rémunération mais c'était mon choix. Il a eu une réaction très positive en me disant qu'il était persuadé que je réussirai aussi bien que les autres. Et il m'a prouvé sa confiance en m'associant..
En passant à 80%, j'ai gagné en efficacité, je me suis organisée autrement en priorisant les différentes tâches et en m’employant à plus et mieux déléguer.
J'ai vraiment été aidée par le souci permanent de mes associés de ne s’attacher qu’aux résultats et à l’efficacité de mon travail.
Néanmoins, depuis que je suis associée, c'est plus dur psychologiquement et je suis plus tendue car j'ai davantage de responsabilités. Je suis désormais beaucoup plus impliquée dans la stratégie et le développement. Mais ma situation reste une gageure car si le secteur s'est beaucoup féminisé, cela reste un métier dur et très anxiogène.

Estimez-vous que le fait d'être une femme a été plutôt un atout ou un handicap ?
A certains moments de ma carrière, cela a pu être un handicap mais, à d'autres périodes, cela a également été un atout. Actuellement, je travaille pour un homme qui a toujours trouvé que les femmes avaient un investissement professionnel différent des hommes. Un cabinet exemplaire pour cela !

Etes-vous satisfaite de la façon dont vous conciliez votre vie privée et votre vie professionnelle ?
Je suis globalement satisfaite. J'estime que même si j'ai un travail prenant, j'arrive à m'occuper de mes enfants et à être avec mon mari. Certes, je ressens parfois un sentiment de frustration ("est-ce que j'en fais suffisamment ?"). Pour moi, avoir mon mercredi est très important. Ce jour-là, j'ai l'impression de beaucoup donner à mes enfants... et de beaucoup recevoir aussi. Tous mes choix sont partagés et assumés avec mon mari. Je pense qu'il est heureux de me savoir épanouie professionnellement et nous veillons à maintenir un équilibre au niveau du couple.
Cependant, j'ai quand même l'impression d'être une équilibriste, d'être souvent bousculée le soir quand je quitte mon bureau.
Une des difficultés majeures est la disponibilité qu'il faut avoir. A la maison, je me rends compte que je ne le suis pas toujours assez. Psychologiquement, il faut être capable de "couper" lorsqu'on rentre le soir chez soi. Cela nécessite des efforts  pour fermer la porte du travail et ouvrir celle de la famille. Y parvenir m’apporte un réel bien-être.

Avez-vous eu l'impression d'avoir fait des concessions dans votre vie professionnelle au détriment de votre privée ou l'inverse ?
Entre autres considérations, notre charge de travail nous a conduits à ne pas essayer d’avoir un 4ème enfant.
Parfois, j'ai le sentiment que le travail prend tellement de place, d'énergie que cela restreint la vie privée au strict minimum. Mais nous nous efforçons d'avoir une vraie vie familiale, sociale et associative.
Avec le recul, je dirai qu’à certains moments de ma vie professionnelle, j'ai fait des concessions en privilégiant ma vie privée car celle-ci a toujours été mon principal moteur.
Et pour finir, je dirai que j'ai surtout concédé sur moi-même et prends probablement trop peu de temps pour m'occuper de moi ! 

Et vos enfants ? Comment avez-vous l'impression qu'ils vivent votre engagement professionnel ?
Evidemment si je les écoutais, je ne travaillerais pas !
Mais au final, il est normal pour eux que je travaille car ils ont bien compris que cela fait partie de ma vie. D'autre part, j'essaye de leur expliquer avec des mots simples ce qu’est mon métier, la justice, l'assemblée les lois.

Quels sont vos trucs et conseils ?
J'ai l'impression d'être une entreprise à moi toute seule ! Voici les quelques règles que je me suis fixéee :
- réserver des temps aux enfants. Dans mon cas, le mercredi. Même si c'est compliqué, cela est un atout majeur et je m'y tiens. Cela m'aide beaucoup.
- se donner une vraie contrainte horaire le soir car il faut être présent près de nos enfants, pour leur éducation, être présents au coucher et accompagner les devoirs.
- avoir confiance en sa nounou. On ne peut pas être partout et je ne peux pas me permettre de penser à mes enfants lorsque je suis au travail.
- avoir un agenda de la maison. Je suis quelqu'un de très organisée ! En plus de mon agenda professionnel, je tiens l'agenda de la maison où je note tout ! (les menus, les activités, les choses à ne pas oublier (sac de piscine, pique-nique)...
- prendre du temps à deux, mon mari et moi. Ce sont des parenthèses enrichissantes.


Par Gaëlle
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Vendredi 15 mai 2009
Sandrine a gentiment accepté de témoigner sur son parcours et sur les interrogations actuelles qu'elle se pose concernant son équilibre vie personnelle et vie professionnelle. Merci encore à elle pour sa franchise et pour sa confiance. Je lui souhaite bien évidemment tous les meilleurs épanouissements possibles !

Peux-tu revenir sur ton parcours professionnel ?
Sandrine : J'ai suivi des études en biologie à l'université mais comme les perspectives en recherche étaient déjà minces, après mon DEA, je me suis tournée vers le milieu privé et les métiers de la santé. J'ai intégré une entreprise dans le domaine du diagnostic médical pour laquelle j'ai travaillé 10 ans. Pendant 5 ans, j'ai occupé un poste d'ingénieur application (suivi du bon fonctionnement des analyseurs dans les laboratoires) et les 5 années suivantes, j'ai travaillé au service marketing comme chef de produits.
Au cours de cette période, j'ai eu 3 enfants. A la suite de mon dernier congé maternité, j'ai opté pour un congé parental d'une année. Mon mari venait de changer d'entreprise et avait besoin de s'investir. Dans mon entreprise, nous étions en pleine fusion, ce qui demandait également pas mal d'investissement. J'ai trouvé que c'était le bon moment de faire une pause et de bien manager ma petite famille. Mais la pause s'est transformée en arrêt puisque j'ai été licenciée durant cette période ! Depuis septembre dernier, je suis en pleine réflexion concernant mes choix professionnels et personnels. Durant mon congé, je me suis posée plein de questions sur ce que je voulais faire, sur le sens que je voulais donner au travail et ainsi à ma vie. Parallèlement, j'ai effectué un bilan de compétences. Lorsque l'on est le nez dans le guidon, c'est beaucoup plus difficile. On est soumis à une certaine dose de stress, on vit à fond sans vraiment prendre de recul.

Qu'est-ce qui est ressorti de tes réflexions ?
Que mon premier critère pour sélectionner un poste était qu'il me permette de concilier vie personnelle et vie professionnelle.
Qu'il fallait que mon travail ait un sens.
Que je subisse un stress modéré et positif, qui me permette d'avancer, d'aboutir à des résultats concrets et rapides.
Que je fasse un métier plus créatif et avec plus d'autonomie. Et de préférence dans une entreprise de taille moyenne car dans les grands groupes internationaux, il y a de fortes contraintes de chiffres et de réussites, dictées par des actionnaires.
Que mes 3 garçons (8, 6 et 2 ans) s'épanouissent.

Quelle orientation a priori vas-tu prendre professionnellement parlant ?
Je suis en plein carrefour ! J'hésite entre le professorat et reprendre un poste dans le privé. Le professorat me tente beaucoup. Je me suis renseignée pour devenir contractuelle en collège ou lycée. Cela serait plus confortable et plus cohérent avec ce que je souhaite. En plus, au niveau de l'épanouissement personnel, je pense que cela peut vraiment me convenir. Pour moi, cela a un vrai sens de travailler pour des êtres humains, d'accompagner des élèves, de leur transmettre des connaissances. Cette option a donc un côté très attirant.
Mais par ailleurs, il se trouve que j'ai été contactée par une entreprise du même secteur d'activité que celui pour lequel j'ai déjà travaillé 10 ans. Je suis en train de passer des entretiens. A priori, cela correspond moins à mes critères mais je suis repris par mes vieux démons ! Cela entraînerait aussi un certain confort puisque je bénéficie d'une bonne connaissance des produits et du marché et cela me permettrait de continuer sur mes acquis. Mais si je choisis cette option, cela impliquera des journées de 12h (avec les temps de transport), la nécessité de prendre une nounou à domicile (et donc des frais de garde très élevés). Mais je ne choisirai pas cette voie à n'importe quel prix. Il faudra qu'elle m'offre une aisance financière qui m'apportera un certain confort matériel (de  sorte que le WE je puisse me consacrer entièrement à ma vie de famille et pas aux tâches ménagères) et une sécurité pour l'avenir de mes enfants. Si je choisis cette option, je suis consciente que cela impliquerait également de mettre ma vie personnelle de côté. Il faudrait alors que mon épanouissement personnel passe par mon épanouissement professionnel. Mais pour l’instant, c’est aussi à eux de me choisir.

Qu'as-tu retenu de ton congé parental ?
Pendant mon congé parental, j'ai pu passer du temps avec mes enfants et être à leur écoute. J'ai savouré ces moments. Lorsque je travaillais, j'avais tendance à les bousculer, le matin et le soir ! Mais dès le départ, j'avais choisi un congé parental d'un an car trois ans me paraissaient trop long. Je l'avais toujours envisagé comme une pause et non pas un arrêt.
Plus globalement, je suis persuadée que la présence des parents auprès des enfants n'est pas anodine. Lorsque les enfants sont petits, la présence physique est importante et lorsqu'ils grandissent, c'est la présence morale et l'écoute qui le deviennent. Durant cette année, j'ai appris à mieux cerner le caractère de chacun de mes enfants et leur façon de fonctionner. Lorsque l'on est pris dans une vie professionnelle, on est forcément moins attentif.

As-tu eu le sentiment que d'être une femme ait été un handicap dans ta carrière ?
Oui, il m'est arrivé de ressentir l'étiquette "mère de famille". J'ai également subi les petites remarques d'un supérieur à un moment où j'étais passée à 80% et je n'ai pas échappé à la petite phrase "tiens tu prends ta demi-journée" lorsque je partais à 17h. Pourtant j'ai fait profil bas par rapport à mes enfants, j'ai toujours essayé de m'arranger pour que cela pénalise le moins possible mon travail, de faire comme les hommes qui m'entouraient et d'avoir une vie professionnelle classique mais on est souvent rattrapé !

Une petite phrase de conclusion ?
Comme me le disait une amie :" à 20 ans, on ne sait pas ce que l'on veut faire, à 30 ans, on sait ce que l'on ne veut pas faire et à 40 ans, on sait ce que l'on veut faire". A 35 ans, je sais à la fois ce que je ne veux pas faire et ce que je veux faire. Les opportunités aident aussi parfois à faire les bons choix.

Vous pouvez retrouver Sandrine sur son blog ! Et admirer les images qu'elle a choisies pour illustrer ses hésitations :-)

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Par Gaëlle
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