Portraits de femmes

Vendredi 4 septembre 2009

Voici une belle histoire de changement de vie, pour s'évader quelques instants alors que la rentrée est bien "grisasouille" (enfin, je parle pour les parisiens car pour moi, tout va très bien merci !).

"Laissez moi vous conter l'histoire peu banale de Chrystel, mère de famille de 4 enfants, mariée à un mari hyperactif, hyperbooké car hyper-chef d'entreprise et encore plus hyer-entrepreneur !

Ils vivent à Nantes depuis 20 ans.

Par un beau matin de printemps elle décide que ça a assez duré ! Que le temps file trop vite… que l’aîné va avoir 16 ans …et qu’on ne voit pas grandir les enfants…qu’on ne prend le temps de rien…

Jusque là tout est normal, non ? Oui, mais la voilà animée d’une volonté farouche de prendre les rênes de leur vie en main ! Elle partit en croisade pour convaincre son hyperbooké-hyperactif-hyperentrepreneur de mari de changer de cadre de vie, de laisser leurs entreprises aux bons soins d’une valeureuse directrice générale et de partir pour une année ou deux sabbatiques sous les tropiques pour profiter des enfants, de la vie et prendre le temps de décider de la suite de leur vie sans subir…

L’amoureux, finalement fatigué lui aussi, se laissa, contre toute attente, séduire assez facilement… preuve en est que la femme, instinctive de nature, doit être écoutée plus souvent…

Bref, les voilà donc embarqués dans l’aventure ! Pour choisir le lieu de leur « retraite » ces deux là firent un grand nombre de voyages afin de trouver le meilleur compromis pour satisfaire toute leur nichée. A l’issue de nombreuses escapades sur des îles en particulier, conseil de famille fut tenu ! C’est ainsi qu’un soir d’hiver, les 6 membres se retrouvèrent devant un écran géant, pour revoir les photos des 10 destinations visitées et proposées. Puis le même écran révéla un tableau Excel géant (spécialité de l’hyperbooké-hyperactif-hyperentrepreneur) afin que tout le monde afin que tout le monde puisse voter individuellement sur chacun des 17 critères qui avaient été arrêtés. Excel faisant bien son boulot, après un suspense insoutenable, ce fut l’île Maurice qui sortit vainqueur !

Ce qui fut dit, fut fait, et après un an de préparatifs tant professionnels qu’administratifs ou domestiques, ils atterrirent à l’île Maurice ! Les ados laissant leurs copains de toujours, les petits leurs jouets et instruments de musique (ça coûte cher le transport !) les adultes leur vie agitée mais aussi leurs amis et familles.

Après quelques jours de perte de repères totales, tout le monde se plaît à dire qu’il est bien doux de vivre à Maurice ! Quelques semaines et les ados ont pleins d’amis, pleins de sorties, les petits débordés d’activités et les adultes reposés ! ouf !

L’accueil qui leur est réservé sur cette île est tout simplement incroyable de chaleur et de sympathie ! Tant et si bien que l’ hyperbooké-hyperactif-hyperentrepreneur de mari et sa petite épouse (on peut le dire, elle est toute petite) adoptent immédiatement ces nouveaux amis et ce nouvel environnement !

Après quelques mois la toute petite dîna avec une amie mauricienne qui lui confia son embarras de continuer toute seule une activité professionnelle un peu trop envahissante… L’idée fit son chemin et alors qu’elle était venue « buller » à Maurice, elle entreprend à son tour et propose à cette bonne amie une association pour partir sur ses bases mais avec pleins de nouveautés !

Le mari devenu un peu moins hyperbooké-hyperactif-hyperentrepreneur, se réjouit et réalise grâce à elle son fantasme de toujours : mettre sa femme au boulot et ne rien faire…

Oui mais ça c’était sans compter les projets de la petite !

En effet l’activité initiale de son amie devenue associée était la location de villa sur la plage à l’ile Maurice, et elle décida qu’il fallait proposer beaucoup plus !

Elle demanda donc à son hyperbooké-hyperactif-hyperentrepreneur, de lui écrire tout un tas de packages, de services personnalisés, d’activités et d’excursions pour proposer sur son site internet un produit inédit : louer une villa privée sur le lagon avec autant de services ou d'activités que dans un hôtel.

C’est ainsi que son surnom devint pour son mari et ses enfants la Working Girl à l’Ile Maurice…

Tous ses vieux amis en rient encore, car ils l’avaient prédit…"

En aparté : Par rapport à votre propre expérience, quels conseils donneriez-vous à une famille qui a envie d'opérer un changement radical de vie ?

Chrystel : Je leur conseillerai d’impliquer tous les membres de la famille dans le projet (choix de la destination par rapport à des critères bien précis qui n’ont pas la même importance selon les âges des enfants. Par exemple accès internet, facilité de se faire des amis, etc., afin qu’à l’arrivée personne ne se sente floué !

Je leur dirai aussi de se documenter au maximum sur les us et coutumes du pays afin de faciliter l’adaptation.

Enfin, de bien préparer tout le côté administratif qui est très pesant…

 

Y a-t-il des choses que vous regrettez de votre ancienne vie, votre mari et vous-mêmes ? Qu'est-ce qui est le plus dur et le plus facile dans un tel changement de rythme, de vie ?

Nous ne regrettons rien. Nous avions peur que nos amis nous manquent (très importants pour nous les amis…) mais le choix de l’île Maurice a fait qu’ils viennent tous les uns après les autres, en louant une villa tout près de chez nous donc chacun chez soi (pas l’impression d’être envahis, important !) et juste le bonheur de leur faire découvrir notre nouvelle vie et cette belle île.

Rien ne nous a paru difficile. Nous avons mis environ 1 mois à prendre nos nouveaux repères (des choses aussi bêtes qu’où acheter ci ou ça ?) puis tout s'est naturellement mis en place aussi bien pour nos enfants que pour nous.

 

Au niveau de la conciliation vie privée / vie professionnelle, que retirez-vous comme enseignement de votre ancienne vie et de votre vie actuelle ?

Alors là ça se complique puisque nous étions venus pour 3 années sabbatiques et qu’au bout d’un an j'ai repris une activité. Donc nous étions venus buller … et finalement je retravaille… mais très différemment bien sûr ! En France nous étions tous les 2 la tête dans le guidon, des journées de 9 h à 20 h au bureau, on se jette un plat cuisiné dans le fond de la gorge à 21 h et on se couche épuisé…

Ici c’est Papa qui est au foyer et Maman qui a mis son ordi dans sa chambre, sur un bureau face au lagon… alors forcément ça change tout… Quand le petit dernier rentre de l’école à 15 h et qu’il me dit Maman on va se baigner, et bien on y va …

L’enseignement que j’en ai tiré est que je ne laisserai plus jamais mon travail tyranniser ma vie familiale !

Nous l’avons mérité, nous avons beaucoup beaucoup travaillé pour pouvoir faire ça ! Mais maintenant quel pied de pouvoir en profiter avec nos enfants et de partager avec eux cette belle expérience !

Par Gaëlle
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Vendredi 17 juillet 2009
Les Nouvelles news.com est un nouveau site d'informations générales mixte (actuellement en version bêta, il suffit de s'enregistrer pour recevoir vos identifiant et mot de passe). Pour en savoir plus sur ce média, son positionnement et son contenu, j'ai interviewé Isabelle Germain, fondatrice de ce site.
Isabelle est journaliste spécialisée dans les sujets économie, politique et société, co-présidente de l’Association des femmes journalistes, et animatrice du blog du réseau "
du rose dans le gris". Auteure de « Si elles avaient le pouvoir… » (Larousse), elle montre notamment que, lorsque le pouvoir est partagé entre hommes et femmes, le champ du politique s’élargit.

"L'extension du domaine de l'information"

Quel est le positionnement de nouvellesnews et son ambition ?
Isabelle Germain : Nous sommes partis de l'idée que l'information doit être pensée aussi pour les femmes. Les lecteurs n'en ont pas forcément conscience mais dans la presse aujourd'hui, les femmes sont sous-représentées et stéréotypées : elles représentent 17 % des personnes citées et, lorsqu’elles apparaissent, c’est souvent en tant qu’épouse, mère, victime ou de façon anonyme, rarement en qualité de décideuse. Il y a un vrai travail de pédagogie à faire afin d'améliorer la hiérarchie de l'information et dans le contenu. Même si le besoin n'est pas perceptible, beaucoup de femmes se détournent des magazines d'informations générales. Ils sont lus à 60% par les hommes, même ceux en ligne.
A leurs têtes, on trouve majoritairement des hommes, blancs, 50 ans, urbains. Ils ne s'en rendent pas compte, mais involontairement, ils obéissent à des préoccupations d'hommes. Résultat : certains sujets tombent dans les oubliettes de l'information.

En quoi nouvellesnews est-il différent d'un magazine féminin ?
I.G. : La presse féminine est très utile et très bien faite mais leurs centres d'intérêt se limitent aux centres d'intérêt que l'on prête aux femes. Il y a peu d'infomation générale et pas d'ambition politique.
L'ambition des nouvellesnews n'est ni d'être un journal féminin, ni un journal féministe mais une magazine d'informations générales mixte. Notre volonté est une extension du domaine de l'information en terme de hiérarchie et de contenu. Il traitera des centres d'intérêts à la fois des femmes et des hommes.

Quels sont les sujets négligés dans la presse actuelle ou à aborder autrement ?
I.G. : Nous retrouverons ces sujets dans le rubriquage du site : les sujets politique, économie et société sont regroupés sous "civilisation". Une rubrique "Le temps" traitera des sujets autour de l'articulation des temps, de travail, tout au long de la vie, le quotidien, etc.
"La vie en vert" abordera le développement durable, l'écologie, une alimentation saine. Les femmes y sont plus sensibles et beaucoup d'entre elle s'y investissent, souvent à l'initiative d'associations, AMAP.
"Changer le monde" présentera des portraits d'hommes et de femmes qui courageusement essayent de changer le monde. Enfin, la rubrique "Plaisirs" parlera de culture, loisirs et sport (mais traité non pas sous l'angle de la compétition mais du bien-être et du plaisir).

Quelles convictions derrière les nouvellesnews ?
I. G. :  Il y a une vrai cohérence avec mon livre "
Si elles avaient le pouvoir". L'égalité progresse mais nous sommes au milieu du gué. Les femmes ont acquis leur indépendance physique, corporelle mais il leur reste l'indépendance morale à acquérir. Et cela passe beaucoup par les médias. Or, les médias sont très en retard par rapport à la société civile. Ils sont notamment plus bien plus sexistes que ne l'est la société et ne favorisent pas cette culture de la mixité. Les citoyens lambda sont beaucoup plus en avance sur les questions de la parité que les dirigeants et les élites.
Pourtant cette culture de la mixité et de la parité est favorable aux femmes mais également à l'ensemble de la société. Car une société équilibrée est plus créative et plus ouverte.
Les femmes doivent se décomplexer, prendre le pouvoir et prendre la parole. Grâce au numérique, elles peuvent le faire. Et elles le font !

PS : à ma petite échelle, en tant que journaliste, je participe à ce beau projet ! Merci de le faire connaître autour de vous et de laisser vos commentaires, suggestions, etc.
Par Gaëlle
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Jeudi 21 mai 2009
Le statut d'auto-entrepreneur rencontre un joli succès (150 000 inscrits depuis janvier dernier). En aparté souhaitait recueillir le témoignage de l'un d'entre eux. C'est chose fait avec Sofia, 27 ans, traductrice, vivant dans le Loiret et qui s'est lancée comme auto-entrepreneur en mars 2009. Vous trouverez également à la fin de ce billet quelques liens pour aller plus loin sur ce sujet.

Quel a été votre parcours professionnel ? Quel a été le déclic pour vous mettre à votre propre compte ?
Sofia : Je suis titulaire d'une maîtrise en anglais et d'un deug en LEA (langues étrangères appliquées anglais espagnol) et j'ai traversé une période de chômage. Malgré cela, j'ai pu acquérir une expérience en traduction. En effet, en plus de ma formation, j'ai été traductrice bénévole à la fac puis je me suis fait une expérience grâce à des contrats de traduction. C'est un travail qui m'a plu et dans lequel je sens que j'ai quelque chose à apporter. Je me suis dit : pourquoi ne pas continuer dans cette voie ?
Au lieu d'attendre encore longtemps que quelqu'un me recrute, j'ai décidé de devenir mon propre patron il y a quelques mois en devenant auto-entrepreneur, avec mon entreprise (toute petite...) : 
Espace Traduction.
 
Qu'est-ce qui vous a attiré dans le statut d'auto-entrepreneur ? Auprès de qui vous vous êtes renseignée et/ou fait conseiller ?
La simplicité d'abord de ce dispositif. En quelques clics (bon j'exagère un peu !), on a un numéro siret, on peut émettre des factures et payer ses charges facilement.
En fait, j'ai rencontré au début de l'année une personne responsable d'une association régionale de traducteurs (aprotrad) afin de lui demander des « trucs et astuces » pour me lancer en tant que traductrice freelance, les pièges à éviter, etc... C'est cette personne d'expérience (traductrice indépendante) qui m'a parlé de ce statut en me conseillant de patienter jusqu'à janvier 2009 pour me lancer !
Par ailleurs, j'ai également fait des recherches approfondies sur le net et j'ai pris contact avec l'URSSAFF.

Avez-vous eu toutes les réponses à vos questions ? Avez-vous hésité avec d'autres formules ?
Oui et non car j'ai découvert ce statut mais comme il est appelé à évoluer, je pense que j'en apprendrai encore dans les mois à venir... Cependant, je pense que ce sont des ajustements auxquels il faut s'attendre et rien de plus. Donc pour moi, pas de souci particulier...
Sinon, j'ai effectivement hésité avec d'autres formules. S'il n'y avait pas eu ce statut, j'aurais opté pour le portage salarial (plus par nécessité que par choix d'ailleurs...).

Avez-vous rencontré des difficultés particulières ?
Je dirais qu'au départ le statut n'était pas prévu pour les professions libérales comme la mienne, à qui on avait pourtant annoncé depuis longtemps qu'ils pourraient accéder à ce statut puis qui, à la dernière minute en ont été écartés... la douche froide . J'ai dû me résoudre à me tourner vers la solution du portage lorsque finalement la situation s'est débloquée et que l'on a annoncé que nous, aussi, on y aurait droit !
A part cela, aucune difficulté pour moi.

Etes-vous salariée actuellement, au chômage... ou est-ce le grand saut ?
J'ai été salariée (à mi-temps pendant quelques mois), le temps que le statut sorte. Puis j'ai choisi de me consacrer à 100% à mon activité, donc oui c'est le grand saut

Depuis combien de temps êtes-vous auto-entrepreneur ? Comment ce statut d'auto-entrepreneur est-il perçu par vos clients et/ou clients potentiels ?
Je le suis depuis mars 2009. Cela ne pose aucun souci pour mes clients : lorsque je leur annonce que je suis freelance, ils ne cherchent pas trop à connaître les détails de mon statut. Sinon, ceux à qui je l'ai dit n'ont eu aucun problème avec ça.

Comment prospectez-vous ? Quels sont les moyens commerciaux que vous utilisez (mailing, réseaux, etc.) ?
Principalement par le réseau et le bouche à oreille. Je tiens d'ailleurs à cette occasion à citer l'association des mompreneurs, un réseau de maman/chefs d'entreprise auquel je participe.
Par ailleurs, je prospecte activement, par téléphone et par mail, les entreprises de ma région mais aussi plus large (France entière/international). En fait, je prospecte par secteur spécialisé...Il faut de la patience mais c'est nécessaire et ça paye ! (avec juste un peu de patience...).
J'ai aussi créé un petit site web. Rien d'extraordinaire mais de quoi être visible et présenter mon entreprise. Maintenant, il me reste à le référencer (encore une autre affaire !).

Concrètement, combien pensez-vous économiser grâce à ce statut par rapport à un statut de micro-entreprise ou autre ?
Au départ en tant que freelance, mes investissements pour lancer ma boîte sont limités à un ordinateur, une imprimante et des dictionnaires...donc rien d'extraordinaire. Je pense que la différence se verra au niveau des charges. En effet, je ne paie que selon ce que je gagne, alors qu'en micro-entreprise, j'aurais eu à payer des charges quoiqu'il arrive. Pour la première année je dirai, comme ça....3000 euros...environ, enfin à vue d'oeil .

Un petit conseil pour terminer ?
Il faut rester prudent car le statut auto-entrepreneur n'est pas LE statut idéal non plus. Je précise que je l'ai choisi sans me dire que cela allait être la solution miracle pour mon activité et en sachant que ça allait convenir avec mon type d'activité (services). En effet, cela peut-être transitoire, le temps de se lancer...
A savoir aussi : certes, on ne paye que selon ce qu'on gagne, mais au niveau des droits et de la protection sociale, on sent aussi la différence... Donc, ne pas croire que c'est un statut idéal mais savoir où on met les pieds, faire attention avant de se lancer et trouver des solutions pour palier aux faiblesses de ce statut.
Et pour conclure, se rappeler qu'entreprendre, quoiqu'il arrive reste quelque chose de risqué...mais personnellement, j'aime ça et je n'y trouve que des bons côtés !

Pour rappel 
Toute activité inférieure à 80.000 euros par an dans le commerce et l'artisanat, et à 32.000 euros dans les services, peut opter pour le régime de l'autoentrepreneur. Celui-ci consiste en un forfait fiscal et social libératoire, prélevé à la source et proportionnel au chiffre d'affaires. Le taux est de 13 % dans le commerce (12 % de cotisations + 1 % d'impôt), 23 % dans l'artisanat (21,3 + 1,7) et 20,5 % dans les services (18,3 + 2,2). Pour les demandeurs d'emploi créateurs d'entreprise, ces taux sont réduits de 75 % la première année, de 50 % la deuxième et de 25 % la troisième. Enfin, si le revenu annuel de référence touché par ailleurs (activité salariée, retraite, allocation chômage...) dépasse 25.195 euros, l'autoentrepreneur revient dans le droit commun de l'impôt sur le revenu (sources Les Echos).

Pour aller plus loin (liste très loin d'être exhaustive...)

-
Dossier spécial Auto-entrepreneur sur TPE-PME.com
-
Auto-entrepreneurs : les conseils de ceux qui ont tenté l'aventure sur journaldunet.com (on trouve 5 témoignages : une infographiste, un formateur en gestion, une consultante en développement durable, une psychologue clinicienne et un développeur web)
- Sans oublier le site officiel,
lautoentrepreneur.fr et celui de l'
APCE
- Le montant des cotisations sociales de l'auto-entrepreneur
- Les
activités exclues du statut d'auto-entrepreneur
- Et pour finir, ce billet de Nathalie qui dans un premier temps avait songé à opter pour ce statut avant de changer d'avis et qui apporte plein d'éléments intéressants et moins connus.

A noter que la première édition de l'Université des auto-entrepreneurs se tiendra à Paris La Défense les 8 et 9 juin

Par Gaëlle
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Mardi 21 avril 2009
Nadia a créé il y a quelques mois son entreprise, Instemporel, une boutique en ligne consacrée à la décoration pour les mariages, baptêmes... Je l'avais "suivie" quelques mois avant le lancement de son site sur son blog et j'ai eu envie d'en savoir un peu plus sur elle. Surtout qu'elle a opéré une reconversion assez radicale qu'elle avait rapidement évoquée ici. Son parcours pourrait peut-être donner des idées à d'autres...

Peux-tu retracer ton parcours professionnel ?
J'ai passé un bac scientifique en 1997. Après je me suis tournée vers des études de chimie : parcours classique à la fac : deug, licence, maitrise. J'ai passé ensuite un DESS en matériaux spécialité polymères... Honnêtement, à 23 ans j'étais diplômée d'un DESS mais je ne savais pas si je voulais continuer dans la voie de la recherche... Sur les conseils d'un ami, j'ai passé des tests pour être ingénieur en informatique de gestion (alors que je n'avais jamais fait d'études informatique) dans une grande entreprise informatique, les opportunités de carrière m'ont amenée à passer les tests à Paris et après des entretiens avec la DRH, je suis entrée à Unilog en octobre 2001.

Quel a été l'élément déclencheur pour te lancer dans la création d'entreprise ? Quels étaient tes modèles à l'époque ?
Honnêtement, pendant ma carrière à Unilog, je n'ai jamais pensé à créer mon entreprise, ce n'était pas pour moi, le statut de salarié me convenait parfaitement. C'est à la naissance de mon premier enfant que l'idée a commencé à me travailler car j'avais plus de 3h00 de transports dans la journée, un boulot intéressant mais stressant et fatiguant alors l'idée d'une reconversion a commencé à me travailler : la création d'entreprise était l'une des solutions (mais pas la première) à la naissance du deuxième enfant
Mon frère a lancé une boutique sur Rouen et je crois que son parcours et sa liberté  m'ont donné envie.

As-tu bénéficié de soutiens (réseau, association, etc.) pour te faire accompagner et conseiller ? Quels ont été les principales bonnes surprises et les difficultés auxquelles tu ne t'attendais pas forcément dans ton parcours de créatrice d'entreprise ?
Je ne voulais surtout pas me lancer dans une activité à mon compte, quelle qu'elle soit sans un minimum de connaissances et de conseils : je me suis d'abord rendue dans une bibliothèque et pris des bouquins sur la création d'entreprise pour avoir une idée générale des différentes étapes, les avantages et les inconvénients. Je me suis aussi rendue à la CCI de Rouen et j'ai suivi des formations d'information gratuites et rencontrer des experts en compta, en gestion..... On se met aussi au courant du taux d'échec à 2, 3 et 5 ans, les chiffres font peur et poussent à réfléchir.
Après, je me suis fais accompagner par un cabinet privé Créateuo par Valérie Weill sur les différentes étapes de mon projet et de l'intégration de ce projet dans ma vie de famille et ma vie de couple. Cet accompagnement a duré 8 mois avec différentes étapes dans le montage de mon projet.
J'ai aussi regardé évidemment sur internet différents témoignages de e-commerçants.
La principale difficulté dans mon cas a été le montage de mon business plan, cette étape importante a été longue et compliquée car il fallait que je mette des chiffres sur mon projet... La belle surprise a été que mon modèle plutôt pessimiste était viable.

Depuis que ton site est ouvert, quelles sont tes premières grandes joies et tes premières déceptions ou frustrations ?
Depuis que le site instemporel est en ligne c'est une grande joie à chaque fois que je reçois un mail d'un client très satisfait et des produits et du service clients. Je réponds rapidement à tous les mails clients avec beaucoup de professionnalisme.  J'aime beaucoup aussi discuter de la décoration avec les clients, les conseiller est une facette de mon metier que j'aime beaucoup.
Pas de déceptions pour le moment mais des frustrations de ne pas avoir assez de temps et de bras pour mener différents projets, il y a tellement de chose que je voudrais faire pour améliorer le site mais les journées sont trop courtes...parfois il est difficile de gérer les priorités !

Es-tu satisfaite de la façon dont tu concilies vie privée et vie professionnelle ? As-tu l'impression de faire des concessions ?
Je n'ai pas encore trouvé le bon équilibre dans la conciliation de ma vie perso et pro. La chance que j'ai est que mon mari (plutôt absent lors de la mise en place du projet ) s'implique dans l'entreprise et me permet de ne pas être seule face aux problèmes. Mon enfant qui a 2 ans n'a pas encore de mode de garde régulier donc il est parfois difficile de travailler sereinement chez soi avec lui voire impossible.
L'idéal pour moi serait d'avoir un local à l'extérieur pour bien séparer les 2 aspects de ma vie...
Pas de concession, au contraire c'est mieux, je profite plus des enfants après l'ecole et le mercredi..... Parfois c'est un peu la course mais je pense qu'il me faudra 6 à 8 mois avant de trouver le bon rythme

J'ai vu que tu habitais en province. Est-ce un handicap ou un atout selon toi pour ton activité ? Et pour la conciliation vie privée / vie professionnelle ?
Ni l'un ni l'autre, je suis sur internet donc cela n'a pas de conséquences.
L'atout de Rouen pour plus tard : si je peux prendre un local, cela me coûtera moins cher que si j'étais en région parisienne.
L' inconvénient : si j'étais sur Paris, je pourrais me rendre plus régulièrement chez quelques fournisseurs et je pourrais surtout avoir un show room pour ma clientèle parisienne...
Pour ma vie privée : je préfère la province, à 1h00 de Paris et à 30 minutes de la mer, c'est plutôt un avantage. En plus, j'ai toute ma famille à Rouen donc ma mère peut me garder les enfants si j'ai besoin.
Coté immobilier, j'ai une maison avec une pièce complètement à part pour travailler et stocker la marchandise alors que d'autres mompreneurs travaillent dans le salon

Quels sont tes conseils, tes "trucs" pour améliorer cette conciliation ?
Pour que je sois complètement épanouie, il faudra que j'adopte un rythme de travail modulable en fonction des besoins et des contraintes de mon entreprise et de ma famille
Mon conseil est de ne pas rester seule car la solitude de l'entrepreneur existe bien. Dans mon cas je fais partie du réseau mompreneurs et je vais intégrer des réseaux locaux.

Comment tes enfants vivent-ils cette situation à ton avis ?
Le grand de 5 ans commence à comprendre que je ne travaille plus loin dans le train mais à la maison, il trouve cela bizarre tout de même mais ce qu'il voit c'est qu'après 16h30, je peux l'emmener au parc alors il est content !!!
Par Gaëlle
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Lundi 16 février 2009

 
Amélie Van den Broucke, 32 ans, a créé il y a deux ans bonjourbonsoir.fr, une marque de "petits vêtements chics pour le jour et la nuit". Un style classique mais pas trop et des détails raffinés (boutons, broderies...). Personnellement, je craque complètement pour ses pyjamas, réalisés dans de très jolis cotons aux couleurs douces et aux coupes impeccables. Bref, un vrai coup de coeur ! J'ai voulu en savoir plus sur elle, son parcours professionnel, sa petite entreprise, ses projets et la façon dont elle concilie vie privée et vie professionnelle.

 

Quel est votre parcours professionnel ?

Amélie : Ma passion pour les tissus et la couture remonte à loin. Enfant, j'avais une tante qui nous apportait régulièrement des tissus d'ameublement et sur lesquels je me précipitais pour bricoler et créer des pièces. Adolescente, j'ai réalisé mes propres vêtements. J'ai passé un bac technologique option textile et un BTS modélisme. Cette formation technique m'est très utile aujourd'hui. Elle me permet de suivre tout le processus de fabrication. Ensuite, j'ai travaillé quelques années à Paris pour plusieurs sociétés de couture et de stylisme en CDD. Puis j'ai eu mes enfants (une fille et un garçon, actuellement âgés de 7 et 5 ans). Mon mari et moi sommes ensuite partis nous installer à la Baule (région d'où je suis originaire). Au niveau emploi, il n'y avait rien pour moi. Or l'idée de créer mon entreprise me trottait dans la tête depuis longtemps. Au départ, j'ai créé des pyjamas pour enfants puis j'ai étendu mon offre à des vêtements de jour.

 

Pouvez-vous nous raconter vos débuts de créatrice d'entreprise ?

Amélie : J'ai dessiné mes premiers modèles puis j'ai réfléchi à la façon dont j'allais les vendre. J'ai effectué quelques ventes privées au départ. C'est en allant voir le site mes-habits-cheris.com que l'idée d'une boutique en ligne m'est venue. Parallèlement, je me suis renseignée pour avoir des aides financières mais comme je ne m'étais pas inscrite au chômage, je n'avais le droit à rien ! Je me suis donc lancée d'un coup, avec l'aide de mon mari, d'un webmaster et d'un comptable, mais sans accompagnement spécifique ni réseau particulier.

Pour la fabrication de mes produits, j'ai fait une première tentative en Inde mais j'ai tout annulé car le rendu et la qualité des prototypes et des pré-modèles ne me satisfaisaient pas du tout. J'ai eu l'occasion de rencontrer François Bourget (frère de Jean Bourget, créateur de la marque de vêtements du même nom) qui m'a conseillé de travailler avec la Tunisie. En me renseignant sur Internet, j'ai repéré 4 entreprises. J'ai reçu 4 prototypes, tous parfaits ! Je me suis alors rendue sur place pour les rencontrer. Le choix n'a pas été facile mais le courant est très bien passé avec une fabricante qui dirige un atelier d'une trentaine de personnes. Elle fait du beau travail et comprend très bien ce que je fais. De plus, j'aime bien l'ambiance qui y règne, certes cela reste du travail à la chaîne mais les couturières travaillent en musique, font une vraie pause déjeuner toutes ensemble et terminent à 17h. C'est important pour moi que mes vêtements soient fabriquées dans de bonnes conditions.

 

Comment vendez-vous vos produits ? Avez-vous un budget communication et/ou promotion ?

Amélie : Actuellement, le site internet représente environ 40% de mes ventes mais constitue un axe de dévelopement fort pour moi. D'autre part, il y a un an et demi, j'ai ouvert une boutique à la Baule1 qui représente 60% de mon CA (surtout les mois d'été). C'était important d'avoir un contact avec ma clientèle et de pouvoir présenter mes produits physiquement. Sur Internet, même si on peut faire de très belles photos, il est difficile de rendre compte de tous les détails et de la qualité des tissus. Ma boutique est ouverte les week-ends et durant les vacances scolaires.

Au début, j'ai acheté quelques mots clés sur Google mais cela coûte très cher. Concernant le référencement de mon site, j'ai bénéficié de conseils de mon webmaster et d'une amie qui travaille dans ce domaine. Je suis contente car bonjourbonsoir est plutôt bien placé pour "pyjamas enfants" ou même "vêtements enfants".

J'ai également obtenu quelques articles dans la presse mais je n'ai pas vraiment eu l'impression que les ventes bondissaient. Donc pour le moment, ce n'est pas ma priorité. Il y a déjà tellement de choses à faire ! Sinon, j'ai la satisfaction d'avoir beaucoup de clientes fidèles. Cela fait plaisir ! J'envisage également de mettre au point un système de parrainage. Par ailleurs, je viens de participer au salon Playtime à Paris où j'ai eu de bons contacts pour être vendue dans des boutiques, dont une au Danemark, et avec des grands magasins à Paris.

 

Quelle est la principale difficulté que vous avez rencontrée dans votre parcours d'entrepreneuse ?

J'aurais aimée être plus soutenue par les banques (et aujourd'hui encore!). J'ai obtenu deux prêts mais d'un montant inférieur à ce que j'avais demandé. Je suis donc obligée de me "brider" un peu alors que je pense que si elles m'avaient fait davantage confiance, j'aurais pu développer plus rapidement mon entreprise.

Actuellement, on ne peut pas encore dire que je gagne vraiment ma vie avec bonjourbonsoir. Comme pour tout créateur, les débuts sont un peu difficiles, mais je suis confiante. L'année 2008 est déjà meilleure et 2009 le sera encore plus, j'espère !

 

Comment conciliez-vous vie familiale et votre statut d'entrepreneuse ?

Mes enfants vont à l'école, j'ai une nounou deux fois par semaine jusqu'à 19h30. Le mercredi, je le réserve à mes enfants en restant à la maison. Même si cela ne m'empêche pas de passer quelques coups de fil, d'envoyer des mails et de préparer quelques commandes. Parfois, il m'arrive de retravailler le soir, une fois les enfants couchés.

Le week-end, quand je suis dans ma boutique, c'est mon mari qui s'occupe des enfants (4 en tout puisque mon mari a 2 autres grands enfants) ou ma mère. Pendant les vacances scolaires, c'est plus difficile !

Globalement, je suis quelqu'un d'organisée et j'ai l'impression de bien gèrer les deux. Mes enfants sont assez autonomes et je pense que c'est bien de ne pas toujours s'occuper d'eux et de les laisser développer leur imagination. Je serais même prête à faire un petit 3ème !

J'apprécie de concilier les deux. En tout cas, j'ai beaucoup de mal à comprendre les mamans de deux enfants qui se disent débordées alors qu'elles ne travaillent pas....

Quelquefois bien sûr, je regrette le statut de salariée : pour toucher un salaire à la fin du mois, avoir mes week-ends libres... mais je suis consciente que maintenant je serais très exigeante dans le choix d'un employeur. Alors qu'en dirigeant ma propre entreprise, je contrôle tout et je fais des produits que j'aime vraiment.

 

Quels sont vos projets ?

J'aimerai bien ouvrir une boutique à Paris. Concernant la collection garçons jour, après quelques tâtonnements, j'envisage de lancer une gamme de tee-shirts avec des dessins d'enfants. Enfin, je réfléchis à créer une SARL pour pouvoir attirer des actionnaires, notamment des personnes assujetties à l'ISF et qui pourraient investir dans ma société2.

 

1. Bonjour Bonsoir, 121 av du Général de Gaulle, 44500 La Baule Escoublac

2. Cette mesure de la loi TEPA permet de convertir à hauteur de 50.000 euros par an les sommes dues au titre de l'ISF en investissement dans des PME.

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Par Gaëlle
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Vendredi 30 janvier 2009

Alix Girod de l'Ain est l'une des plumes du magazine Elle pour lequel elle écrit des chroniques pétillantes et délivre des conseils drôles et légers aux lectrices sous le pseudo de Docteur Aga. Elle est aussi l'auteur de "Sainte Futile" et "De l'autre côté du lit" (récemment adapté au cinéma, avec Sophie Marceau et Dany Boon). Sujet du livre : Ariane et Hugo, mariés depuis 10 ans, décident de s'échanger leurs vies au sein de leur couple pendant un an. Un sujet sur le partage des tâches et des rôles entre homme et femme qui se rapproche de celui de ce blog... Merci à elle d'avoir accepté de répondre, en toute franchise, à la fois avec sérieux et légéreté à mon interview !

Pour commencer, évoquer la conciliation vie privée/vie professionnelle, cela vous euphorise, vous angoisse, vous laisse songeuse ou vous donne envie de raconter plein de choses ?

Alix Girod de l'Ain : Je trouve ça plutôt rigolo ! J'ai toujours vu les verres à moitié pleins alors je ne trouve pas que ça soit un tel défi.. . Déjà, c'est assez bon signe d'avoir à concilier les deux, c'est la preuve qu'il y a une vie privée et une vie professionnelle à concilier, ce qui est en soi une chance !! Parlez en aux allemandes qui s'arrêtent de bosser dès qu'elles ont un enfant parce qu'il n'y a pas de crèches, ou aux japonaises parce que c'est mal vu...

 
Plus sérieusement, êtes-vous satisfaite de votre équilibre vie professionnelle/vie privée ? Avez-vous le sentiment d'avoir fait des concessions dans un sens ou dans un autre ?
A. G. A. : Je suis tout à fait contente de mon équilibre. Je ne pense pas avoir fait des concessions, j'ai fait des choix et je n'ai pas pour habitude de regretter mes choix, ce serait trop douloureux ! Et puis franchement j'ai une vie de rêve, je serais mal venue de me plaindre.. (plus j'avance plus j'ai du mal avec les geignasses...)

 

De quoi êtes-vous la plus fière dans l'équilibre que vous avez atteint ?

A. G. A. : Je ne suis pas "fière" à proprement parler, je pense qu'il faut être très humble avec ces histoires d'équilibre, ça participe plus souvent de la chance que d'autre chose ! Ce qui pour moi est un équilibre serait peut-être insupportable à vivre pour une autre ! En fait, si j'ai une matière de satisfaction, ce serait que je suis quelqu'un de très autodiscipliné, et j'ai vraiment appris à le devenir, ça n'était pas du tout mon genre quand j'étais jeune fille !


Quels sont les petits "luxes" que vous vous accordez rien que pour vous et auxquels vous êtes attachée ?

A. G. A. : Je vais me faire faire un brushing chez le coiffeur une fois par semaine, sauf catastrophe majeure ! C'est mon seul truc de fifille (je ne vais jamais dans un institut de beauté et rarement faire du shopping, pas le temps ni l'envie)... Par ailleurs mon grand luxe professionnel est de gérer mon temps comme je veux : je travaille souvent la nuit mais je ne suis jamais à mon ordi avant 10h-11h le matin !

 

Travailler de chez soi, c'est le bon plan ou le mauvais plan pour concilier vie privée et vie professionnelle ?

A. G. A. : Tout dépend de sa nature. Pour des gens un peu lents, pas toujours très carrés dans leur emploi du temps ou qui ont besoin d'être en groupe pour être motivés, je pense que c'est une catastrophe, mais pour moi qui suis à la fois speed et indépendante, c'est l'idéal ! Je travaille beaucoup car je n'ai ni réunion ni pause quelconque ni déjeuner professionnel (enfin si, j'en prend un par semaine, après l'émission du Fou du Roi puisque c'est de toute façon une demi journée foutue pour l'écriture...). Les journées normales, lorsque les enfants rentrent de l'école, il est 17h30 mais j'ai travaillé plus que quelqu'un qui serait au bureau depuis 9h du matin je crois !

 

Cela serait quoi votre résolution sur ce sujet ? Et votre non-résolution ?

A. G. A. : Parfois, je peux être vraiment seule très longtemps, ne parler qu'à des enfants ou à des gens qui veulent me vendre des fenêtres au téléphone, c'est sclérosant ! Donc je me promets d'aller plus souvent au journal... une résolution que je ne tiens jamais je vous rassure. En revanche, avec mon mari, nous sortons beaucoup le soir, ça me permet de voir des adultes !

 

L'humour, cela permet de relativiser, de camoufler, de positiver ou de progresser sur ce sujet ?

A. G. A. : ça permet tout ça, surtout de relativiser. Bon sang, tout ça, c'est un peu ce que j'appelle des MPR (méga problèmes de riches !). On a des enfants, du boulot, généralement un mec, la vie est belle !


Quand vous lisez que la qualité du temps passé auprès de ses enfants compte plus que la quantité, cela vous semble pertinent ou juste déculpabilisant ?

A. G. A. : Ce que je lis c'est que la quantité est plus importante que la qualité ; ça a rebasculé dans l'autre sens, maintenant les psys soutiennent qu'il faut s'ennuyer avec nos enfants, pas remplir frénétiquement leur emploi du temps. Ca me plait pas mal comme concept !


Qu'est-ce qui est le plus difficile : écrire une chronique pour Elle ou élever des enfants ?

A. G. A. : Je ne trouve pas ça difficile, franchement. Les deux sont gais, stimulants, plus complexes qu'il n'y parait mais pas "difficile". Ce qui serait difficile pour moi ce serait de me réveiller à 7h tous les matins, je suis totalement décalée par rapport aux gens qui ont des horaires normaux...

 

Dans la vraie vie, rêvez-vous de passer "de l'autre côté du lit" ?

Surtout pas ! J'adore être une fille, j'adore m'occuper de ma maison et de mes enfants et gagner plein d'argent en disant que je suis wonder woman, j'adore râler contre mon mec, je crois que je suis restée coincée dans les années 80 !


Et les hommes sur ce sujet, vous les trouvez plutôt motivés, pleins de bonne volonté ou de mauvaise foi ou étrangement zens ?

 J'ai un mari super pour ça : il prend les choses en mains, il ne se contente pas "d'aider", mais je l'ai longuement formé, il faut dire ! Bien sûr, il y a le 9h-19h où il n'est pas là, vraiment pas là, mais quand il est à la maison, et le week-end, il en fait largement autant que moi. C'est lui qui a toujours emmené les enfants à l'école, il fait super bien le marché, etc. donc quand je râle, c'est vraiment pour garder ses standards de qualité aussi hauts ! Cela dit, quand je vois les maris de mes copines, y'en a certains, on se demande s'ils ne sont pas nés en 1654 dans une famille de filles hyperactives ; ils ne sont bons à RIEN dans une maison, c'est une cata ! Je pense que les mères de garçons -dont je suis- ont une grande responsabilité d'éducation. Je fais tout pour que dans 10/20 ans leurs copines ne me disent pas "mais vous leur avez rien appris ou quoi ?" Une autre de mes idées fixes est que les femmes sont parfois responsables de leur sort de débordées : on ne lâche pas assez, moi la première, il faut serrer les dents si le mari a préparé un repas du soir pas terrible et encourager, encourager les bonnes volontés ! Ma fille n'a que 15 ans mais je la mets déjà en garde : Attention à l'hyper contrôle, je vois des filles aboyer sur leur mec qui a mal mis le couvert, franchement elles se tirent une balle dans le pied !


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