Réflexions autour du travail

Vendredi 6 novembre 2009
"Il n'y a pas de solution miracle" me disait récemment une amie, cadre et mère de 3 enfants, qui hésitait à postuler pour un nouveau poste, avec davantage de responsabilités (et donc de contraintes de déplacements, d'horaires, etc.)

Eh non ! Force est de reconnaître que l'on a beau tourner les choses dans tous les sens, les beaux discours se heurtent souvent à la réalité !

Bien sûr, il est tout à fait possible de concilier une activité professionnelle et une vie familiale mais il y a toujours un moment, où il faut faire des choix !

Il ne faut pas se leurrer, avoir des enfants (surtout si l'on est à la tête d'une famille nombreuse) implique des responsabilités importantes, gourmandes en énergie, en implication et en attention.

Alors, il faut bien parler de choix : s'investir beaucoup dans sa vie professionnelle, prendre de nouvelles responsabilités, relever de nouveaux défis implique de pouvoir consacrer moins de temps à ses enfants. C'est mathématique ! Bien sûr, il est tout à fait possible de déléguer (à une personne extérieure, à ses proches...) mais on ne peut pas tout déléguer et surtout certain(e)s ne veulent pas tout déléguer. D'autant que le monde professionnel s'est durci et demande de fortes capacités de résistance (physique et psychologique)...

Ou alors accepter de réduire ses ambitions professionnelles pour conserver un certain temps de présence et de disponibilité physique (mais surtout mentale) aux côtés de ses enfants, pour suivre leur éducation, leurs joies et leurs peines, leurs petits et grands bobos. Est-ce un manque d'ambition ou de la lucidité ? Le débat est ouvert !

C'est d'ailleurs parce qu'il n'y pas de solution miracle qu'autant de mères choisissent le temps partiel, reculent l'âge d'avoir leur premier enfant ou décident de créer leur petite entreprise pour avoir une certaine flexibilité et souplesse dans leur organisation, etc. Lire à ce sujet les témoignages des mompreneurs ici par exemple.

La volonté de progresser dans le monde professionnel est une chose, mais lorsque l'on est parent, cette volonté doit composer avec ses envies, son rôle et ses responsabilités de parent.

Comme me le disait avec franchise une autre amie, "on ne peut pas tout avoir. Il y a forcément un prix à payer".
(je vous conseille à ce propos de relire ces
témoignages d'hommes et de femmes dirigeant(s) très riches).

Concilier une vie familiale et un travail, c'est tout à fait possible mais il y a des limites que les femmes (et les hommes) vivent quotidiennement et qui ne peuvent être niées...

Trois pistes sont les plus souvent explorées (avec plus ou moins de facilité...) :

- alterner des périodes où l'on consacre davantage de temps à l'un (travail) puis à l'autre (famille),
- se répartir au sein du couple ces périodes,
- se répartir au sein du couple ces investissements (l'un davantage dans la sphère professionnelle, l'autre davantage dans la sphère familiale)


Vos réactions sont comme d'habitude les bienvenues !

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Par Gaëlle
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Mardi 20 octobre 2009
Je viens de lire un petit livre très intéressant sur La peur du déclassement, une sociologie des récessions  d'Eric Maurin, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) . J'y ai appris plein de choses (même si je ne suis pas forcément d'accord avec tout) ! L'auteur définit le déclassement comme un phénomène de rupture qui conduit un individu à perdre sa position sociale.

Voici les points principaux (sous forme de citations)  : (je préviens, c'est un peu long mais passionnant, enfin, je trouve !...)

- Distinguer le déclassement de la peur du déclassement : Il y a bien une réalité du déclassement, terrible, qui affecte l'équilibre des individus et des familles mais l'immense majorité des Français reste à l'abri d'un déclassement effectif. Si le déclassement est au coeur des préoccupations d'un si grand nombre de personnes, ce n'est pas parce qu'elles ou leurs proches l'ont subi ; c'est parce que son coût potentiel n'a jamais été aussi important. "La crainte du déclassement revêt une dimension existentielle. Les sociétés comme la nôtre installent dans la vie des enjeux de vie et de mort sociale" (p.93)

- Pourquoi une telle peur ? Les pays où les pertes d'emploi suscitent la plus grand peur sont paradoxalement ceux où les emplois sont les mieux protégés et les statuts les plus difficiles à perdre : la probabilité de retrouver un emploi protégé y étant mécaniquement plus faible, ce qui se perd est beaucoup plus précieux qu'ailleurs.

- Un autre paradoxe du modèle français : même les plus protégés sont anxieux du lendemain.

- Une autre caractéristique fondamentale réside dans le fait que l'essentiel de l'incertitude porte sur le moment particulier de la vie où l'on entre sur le marché du travail. L'auteur montre que les jeunes sont les plus durement concernés et qu'ils sont les premiers touchés lors des crises en France.

- La valeur des diplômes. Selon lui, le phénomène majeur n'est pas la perte de valeur des diplômes, mais bien plutôt le désavantage croissant que représente l'absence de diplôme. Contrairement à ce que beaucoup croient, le travail de comparaison entre 1975 et 2007 révèle non pas une érosion tendancielle du statut des diplômés, mais un accroissement très net de leur avantage sur les non-diplômés en matière d'accès l'emploi.

- L'impératif de ne pas échouer à l'école n'a pas diminué ; au contraire, il est devenu écrasant. Ce qui mine aujourd'hui, ce n'est pas le fait que les efforts à l'école ne seraient plus récompensés, ce n'est pas la dévalorisation de la réussite scolaire et la désillusion, c'est au contraire l'enjeu démesuré que revêt la compétition scolaire : chaque année, il devient de plus en plus important de réussir, et ce poids pèse plus que jamais sur les épaules des enfants.

- Le prix d'un échec scolaire a considérablement augmenté : du diplôme dépend non seulement l'insertion professionnelle au début de la vie active, mais toute la trajectoire sociale.

- En période de récession, davantage que de déclassement subi, on assiste à une stratégie de repli dans la fonction publique. Exemple : dans les années qui précèdent 1993, 10 % à peine des diplômés allaient dans le public; après 1993, la proportion grimpe à 50 %.

- L'auteur indique qu'une partie du débat français  sur la mesure du déclassement porte en réalité sur le thème anglo-saxon de l'over-education, qui consiste à se demander si on est employé à son niveau de compétences. Le contenu des emplois évoluant beaucoup dans le temps, la question est très difficile à trancher. D'un point de vue subjectif, selon les données du CEREQ, un quart environ des jeunes s'estiment sous-utilisés 3 ans après leur sortie de l'école.

- Les hiérarchies sociales se maintiennent mais elles se resserrent :  Les enfants d'ouvriers et d'employés sont bien plus exposés au chômage que les enfants de cadres ou de professions intermédiaires, particulièrement au début de la vie active. Mais entre 1978 et 2008, si le risque d'exposition au chômage dépend toujours du milieu d'origine, les écarts ont pratiquement diminué de moitié entre les enfants de cadres, de professions intermédiaires, d'employés et d'ouvriers. Les enfants d'ouvriers restant beaucoup plus exposés au chômage et à la marginalisation sociale que les enfants de cadres, mais dans des proportions nettement moins fortes qu'il y a 20 ou 30 ans.

- Au fil des décennies, les enfants des différents milieux sociaux ont de plus en plus réussi à accéder aux emplois très qualifiés ; l'amélioration a été encore plus rapide pour les enfants des classes populalies et moyennes que pour les enfants des classes supérieures.

- Les enjeux de la récession actuelle : au premier trimestre 2009, le nombre de chômeurs ayant perdu un emploi stable dans les 12 mois écoulés représente environ 300 000 personnes, soit à peine 1% de la population active. Les fermetures d'usines et les licenciements constituent l'un des drames les plus terribles que l'on puisse concevoir dans une société à statut comme la nôtre, mais ils ne concernent qu'une toute petite fraction de la population, alors même que nous traversons l'une des pires récessions de notre histoire.

- L'auteur constate que le réflexe des politiques est de chercher à protéger les emplois stables (en multipliant le mesures en faveur des sites menacés tout en introduisant de nouvelles protections en faveur des personnes licenciées pour motif économique). D'une certaine manière, ce réflexe est tout à fait logique. Le emplois que l'on détruit et les personnes que l'on licencie sont beaucoup plus visibles que les emplois que l'on ne crée pas et que les personnes que l'on n'embauche pas. D'un point de vue politique, il est plus rentable de se poser ponctuellement en rempart contre les licenciements économiques que de lutter pour l'embauche des jeunes chômeurs et des anciens déclassés. Dans une société à statut comme la nôtre, une politique de protection sélective trouvera toujours plus de relais et d'écho qu'une politique de sécurisation universelle. Mais en renforçant la protection des salariés en place, on a de grandes chances de durcir la polarisation sociale du pays et les anxiétés qu'elle diffuse. 

- Ensuite l'auteur se penche sur l'impact du niveau de protection des salariés sur l'emploi et le taux de chômage. Les pays où les salariés sont les mieux protégés contre les licenciements sont certes les pays où les pertes d'emploi sont les plus rares, mais ce sont également ceux où les chômeurs ont les plus grandes difficultés à retrouver un emploi. Ces pays se caractérisent par des inégalités beaucoup plus profondes entre les personnes déjà intégrées et les autres, chômeurs ou salariés précaires.

Bien évidemment, il y a plein de chiffres, de courbes, que je n'ai pas pu reproduire ici. Mais ce livre mérite vraiment d'être lu. La conclusion aussi ouvre largement le débat (mais j'ai déjà été très bavarde...).

La peur du déclassement, Eric Maurin, Seuil, La république des idées, 10,50 euros

Aller plus loin

- Une
interview d'Eric Maurin parue dans Le Monde du 7 octobre 2009
- Une autre interview cette fois-ci sur Europe 1
Par Gaëlle
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Lundi 12 octobre 2009

Un peu d'humour pour bien commencer la semaine, grâce à Voutch et à son nouveau livre "Le monde merveilleux de l'entreprise". Personnellement, j'aime beaucoup son ironie et son regard décalé et grinçant sur le monde professionnel  !


Ce recueil de dessins est peuplé de patrons tyranniques, d'employés résignés, d'assistantes goguenardes, de stagiaires désabusés et de petits chefs survoltés.

Un monde implacable où le rapport de force est la règle et que Voutch observe avec un goût très prononcé pour les répliques idiotes et les situations totalement absurdes.


Allez, encore un petit dernier pour la route !!



























PS : est-il utile de vous rappeler qu'En aparté vous propose un petit concours que d'aucuns pourrait jugé tout aussi absurde que ces dessins ! Mais, moi, cela me ferait plaisir que vous y participiez :-))
Vous avez jusqu'au 14 octobre minuit pour apporter votre contribution...

Par Gaëlle
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Jeudi 24 septembre 2009

Parmi les blogs spécialisés dans l'emploi, Et voilà le travail (chroniques de l'humain en entreprise) fait partie de mes favoris. C'est un blog particulièrement dense et riche qui mêle témoignages, décryptages, revue de presse, livres et films. Ce que j'apprécie particulièrement, c'est que même si l'on a des points de vue différents, il invite au débat et à la réflexion. En aparté est allé à la rencontre d'Elsa Fayner, créatrice et animatrice de ce blog. Merci à elle !

Quel est ton parcours professionnel ?

Elsa Fayner : Depuis six ans, je suis journaliste pigiste dans la presse spécialisée (ASH, Santé & Travail, Miroir social…) et généraliste (Maxi, Géo, Figaro magazine…). Je me suis progressivement spécialisée dans les thématiques liées à l’emploi.

Par ailleurs, je suis diplômée de Sciences Po Paris et de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, à l’issue de laquelle j’ai effectué un stage au magazine Le Point. J’ai également passé une année en Australie.

 

Pourquoi as-tu lancé ton blog ?

E.F. : En 2008, j’ai publié « Et pourtant, je me suis levée tôt… » (Editions du Panama) qui relatait mon immersion dans le quotidien des travailleurs précaires à Lille puis j’ai réalisé un documentaire pour France 2 (Travailleurs à bas prix) sur le même sujet. Tout ceci m’a passionnée. Mais je n’arrivais pas à « vendre » aux rédactions autant d’articles sur le monde du travail que je le souhaitais.

Le déclic a eu lieu après une conférence organisée par un syndicat basque, à laquelle participaient également les auteurs de l’Open Space m’a tuer. Lors de cette conférence, des témoignages de salariés très riches ont été livrés. Je me suis dit que toute cette matière devait être relayée. Qu’il fallait aussi que le travail de veille, de rencontres, de lectures que je faisais par curiosité serve à quelque chose. C’est ainsi qu’est né Et voilà le travail en janvier 2009.

 

Quelles sont tes ambitions à travers ce blog ?

E.F. : J’ai envie de mieux comprendre les évolutions récentes du monde du travail à travers l’humain dans l’entreprise. Les organisations du travail ont beaucoup évolué et il est devenu de plus en plus difficile de définir et de parler son travail.

J’avais envie de faire témoigner les salariés, quel que soit leur secteur d’activité, sur leur travail, la façon dont ils le vivent, s’y investissent, ce qu’ils en retirent…

De plus, j’ai l’impression que les experts qui s’intéressent au travail (économistes, sociologues, médecins du travail, ergonomes, neuro-biologistes, syndicalistes, experts RH) ne se croisent pas suffisamment. Je voulais que ce blog permette un aller/retour entre le terrain et la théorie, mais également entre les différentes disciplines qui abordent la question du travail. Qu’il soit un lieu carrefour, en donnant la parole à la fois aux salariés et aux experts. Internet permet cette rencontre.

 

Combien de temps y consacres-tu ?

E.F. : Beaucoup trop :-) ! C’est dur à évaluer mais en règle générale, 2 heures par jour et les dimanches. Dans l’idéal, il faudrait que mon blog puisse me rapporter un peu d’argent ! ;-)

 

Quels retours as-tu ? Et au niveau personnel, que t’apporte ton blog ?

E.F. : La fréquentation est en augmentation régulière (7 000 visiteurs uniques en juin).

Je suis toujours contente lorsque les lecteurs commentent et j’apprécie tout particulièrement les commentaires qui apportent de compléments d’information et permettent au débat de se poursuivre au-delà de mon billet. Je constate également avec plaisir qu’il est lu à la fois par les travailleurs et par les chercheurs. Je reçois de plus en plus de témoignages de salariés, qui expriment souvent une grande souffrance.

A titre personnel, il y  a un va-et-vient permanent entre mon blog et mon travail de journaliste. Le blog me donne des idées de sujets et vice-versa, les reportages, interviews ou recherches que j’effectue pour mes piges alimentent mon blog. J’ai également été contactée par des éditeurs et je suis parfois invitée à participer à des conférences.

 

Quel est ton constat personnel sur le monde du travail ?

E.F. : Ça va plutôt mal ! Mon constat est assez noir. A travers les reportages que j’ai pu faire, je perçois un climat de défiance et de méfiance assez répandu vis-à-vis des salariés alors qu’ils sont plutôt de bonne volonté et zélés. Evidemment, ce n'est pas le cas partout, et je ne prétends pas à la généralisation.

D’autre part, plus j’avance, plus je me rends compte que la question est complexe. J’essaye d’être à l’écoute également des employeurs. Rien n’est simple, comme me le rappelle mon père, qui est lui-même chef d’entreprise ! Le problème ne vient pas seulement d’affreux managers ou d’une surcharge de travail, c’est plus compliqué que cela.

Je vois mon blog comme un réceptacle de mes questions et comme un laboratoire d’idées.

Crédit photo : Axelle de Russé

Par Gaëlle
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Dimanche 20 septembre 2009

La question de l'équilibre vie privée / vie professionnelle et de l'engagement parental n'est pas l'apanage des femmes ou des mères de famille ! Elle concerne également les hommes et les pères en particulier ! Voici quelques informations piochées à gauche et droite sur cette problématique.

- Congé paternité/parental : le congé paternité rencontre un succès certain : entre 2003 et 2007, l’étude BabyBus de TNS Sofres révèlait que la prise du congé de paternité a augmenté : 69% des pères de bébés de 0 à 24 mois ont pris leur congé paternité en 2007, contre 61% en 2003. Principales raisons évoquées pour ne pas le prendre : surcharge de travail, raisons financières. En revanche, seulement 2% des allocataires du congé parental sont des hommes.

- Répartition des tâches ménagères et éducatives : en 1999, une femme consacrait 3h48 au temps domestique (y compris les soins aux enfants ) par journée moyenne tandis qu'un homme y consacrait 1h59 (source Insee). Malheureusement, il n'existe pas de donnée plus récente.

- Les nouveaux pères : selon les résultats d'un sondage publié par Ipsos/Parents en juin 2005, les mentalités ont beaucoup évolué, les pères d'aujourd'hui apparaissent clairement plus impliqués, plus affectueux et plus disponibles que leurs propres pères, même si quelques petits « blocages » subsistent. Par ailleurs, on observe un décalage entre ce que les pères se disent prêts à faire et la perception qu'en ont les mères.

- Pères managers : selon une enquête menée par le cabinet Equilibres, le souhait de réussir engagement professionnel et vie familiale taraude les deux tiers des 400 pères managers âgés de 30 à 40 ans. A noter que l'échantillon n'est pas représentatif de l'ensemble des hommes parents en France.

- Pères au foyer : ils restent très rares ! D'ailleurs les statistiques les concernant sont quasiment inexistantes (le chiffre de 2% des parents au foyer est avancé sur ce
site). Pour aller à leur rencontre, je vous conseille le blog très sympa de l'un d'entre eux : Tll the cat et ainsi que des témoignages de plusieurs pères au foyer sur le blog pereaufoyer.


Aller plus loin

Promouvoir la parentalité auprès des pères : un guide élaboré par l'ORSE
Ces pères salariés en quête de conciliation sur femmes-emploi.fr
Etre père et cadre, des rôles incompatibles ? (article paru dans Le Figaro/ Réussir du 19/11/2007)
"Etre père au foyer", ça vous tente ? : un article publié par un homme qui a fait le choix d'être père au foyer et qui en rappelle tous les enjeux
Egalité entre les hommes et les femmes : chiffres clés 2008

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Ce que révèle le premier baromètre de l'Observatoire de la Parentalité en Entreprise

Par Gaëlle
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Lundi 14 septembre 2009
En aparté vient d'inventer un nouveau concept ! Celui du syndrôme de la trop haute marche ! Késoko ?

Ce sont les freins, les obstacles objectifs ou subjectifs qui empêchent une personne de passer à ce qu'elle considère le niveau supérieur. Ce qui fait qu'elle juge inatteignable certaines marches.

La trop haute marche pouvant être extrêmement variée. Au niveau personnel, cela peut être avoir un 2ème enfant (ou un 3ème ou un 4ème, selon chacun(e) !), s'investir dans une association, reprendre le sport, etc. Au niveau professionnel, cela peut être se lancer dans l'entrepreneuriat, demander une promotion, reprendre des études, accepter des responsabilités plus importantes...Les freins pour franchir ce que l'on considère comme une plus haute marche sont nombreux.

Je ne m'étendrai pas sur les raisons objectives qui font que la marche à gravir semble trop haute (manque de moyens financiers, appartement trop petit, horaires peu compatibles avec une activité sportive ou un investissement associatif...) mais plutôt sur les raisons subjectives qui font que l'on hésite, que l'on n'ose pas.

La première est celle du manque de confiance en soi. "Je n'y arriverai jamais", "c'est trop dur pour moi", "ce n'est pas dans mes cordes", " je ne possède pas les qualités exigées pour cette marche", "je n'aurais pas l'énergie", "je vais me planter", "je vais le regretter"...

La deuxième est le sentiment que gravir la marche supérieure déstabiliserait l'équilibre déjà fragile que l'on a réussi à mettre en place et que le jeu n'en vaut pas forcément la chandelle. On a du mal à imaginer les gains que l'on pourrait avoir dans le fait de gravir cette marche, en revanche, on perçoit très bien ce que l'on va perdre en terme de tranquillité, de confort, de sérénité, de tranquillité, d'assurance, de temps...

Il y en a sans doute beaucoup d'autres ! (n'hésitez pas à nous en faire part).

Face à une haute marche, certaines personnes foncent, la franchissent sans se poser trop de questions, comme si cela leur était aisé et naturel. Pour beaucoup d'autres, le complexe de la haute marche est puissant.

Pour lever les obstacles et les freins évoqués plus haut, quelles solutions ?

- Reprendre confiance en soi (plus facile à dire qu'à faire, on en est tous conscient !)
- Se faire accompagner (des professionnels existent ou déjà faire appel à des proches qui peuvent vous encourager et vous soutenir dans votre démarche, dans votre cheminement).
- En discuter avec des personnes qui ont franchi cette marche pour mieux en connaître les conséquences et les réelles difficultés
- Démythifier la hauteur de la marche. Parfois elle semble plus haute que ne l'est réellement. (si, si, c'est vrai, je peux témoigner pour certaines :-)
- Etre sincère avec soi-même : ai-je réellement envie de franchir cette marche ou pas ? ai-je envie de me donner les moyens de la franchir ou est-ce que finalement, je préfère rester à la marche où je suis car elle me correspond bien...Et si jamais j'ai vraiment envie de franchir cette marche, le formuler clairement et oser !

Et vous, les marches d'escalier, les avez-vous  franchies aisément ou avec crainte ? Avez-vous l'impression que le syndrome de la haute marche vous correspond pas mal ? Avez-vous franchi une marche de trop ou avez-vous le sentiment qu'il vous reste une marche à franchir ?

Toutes les réactions, suggestions, critiques sur ce concept de la trop haute marche sont les bienvenus !


Par Gaëlle
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